Critique presse de Simone Alexandre

11/12/2017

Vite, vite ! ... il ne vous reste plus qu'un lundi ( le 18 décembre prochain ) pour aller découvrir cette adaptation de Peter Pan signée : Gwendoline Destremau au théâtre Clavel à 19h30.Des générations firent connaissance du personnage par le biais du film de Walt-Disney et nous avons depuis à l'esprit ce petit bonhomme tout vêtu de vert, coiffé d'un chapeau à la Robin des Bois duquel surgissait une indocile mèche blonde.


Cette histoire fut écrite en tout début du vingtième siècle et jouée à Londres pour la première fois ( le 27 décembre 1904 ) puis, succès aidant, elle connut de multiples adaptations cinématographiques dont celle plus récente de Spielberg où Peter empruntait les traits de Robin Williams ( Hook ).Quoi d'étonnant alors de découvrir sur la scène du Clavel un Peter Pan avec du poil au menton alors que l'original se serait sans nul doute mis les joues en lambeaux pour ne pas voir y pousser cette herbe parasite ? 


Maintenant ses cheveux frisent et sont disons ... de couleur auburn tandis que de longues traînées de pleurs mal essuyées balafrent le dessous de ses yeux. 


Et oui, un enfant triste ! lequel se réfugie en des rêves insensés pour échapper à sa thanatophobie." Joyeux, innocent et sans coeur " - c'est vite dit - Peter tout comme Rodrigue a du coeur mais a décidé de le cacher et ne veut surtout pas qu'on le touche, preuve de sa vulnérabilité.La petite fée Clochette est bien évidemment éperdument amoureuse de lui et n'hésitera pas à avaler le poison qui lui était destiné afin de lui sauver la vie.


Surprenant capitaine Crochet que celui-là, plus madré, moins caricatural que l'original et de ce fait, bien plus intéressant.
Quant à Wendy, j'aurais sans nul doute dû commencer par elle, après son envol, de gosse insupportable elle va devenir une amie aimante qui jouera les mères de famille dans l'espoir de combler son Peter mais mission impossible sinon le conte n'aurait pas eu lieu d'être !
Le jeu de tous ces jeunes comédiens est très physique, ils sautent, dansent et nous entraînent en un tourbillon effréné portés par la mise en scène aussi ludique qu'active de l'adaptatrice.


Souhaitons longue vie à ce Peter Pan car n'en doutons pas, on retourne toujours au Pays imaginaire rebaptisé ici " Le pays du jamais " qui est en réalité le pays que nous aimons puisque nous en rêvons depuis notre enfance. N'oubliez pas le rendez-vous : lundi prochain 19h30 au théâtre Clavel et une reprise des représentations quelque part, bientôt, nous l'espérons vivement.

Simone Alexandre